Nous construisons des maisons ossature bois, avec pour objectifs qu’elles soient économes et agréables à vivre. Voici quelques-uns des principes que nous appliquons à nos projets:

L’approche du projet

Une première approche du site permet d’analyser les opportunités et les contraintes d’une parcelle : ensoleillement, vents, masques proches ou lointains, bruits… Leur mise en forme schématique fait ressortir les premières orientations possibles pour le projet, c’est-à-dire : où prendre la lumière et le soleil, comment protéger des vents et du bruit, comment orienter les circulations. A cette réflexion viennent s’ajouter le programme et les demandes du client : distribution des pièces, stationnement, mutualisation.

Le classement des priorités

Un travail d’expérimentation et de recherche fait ces dernières années avec l’aide de thermiciens permet de tester le rapport coût/efficacité énergétique des différentes composantes d’un projet.
Par exemple, en comparant une isolation extérieure en fibre de bois et un puits climatique (puits canadien), il ressort, pour un coût équivalent, un gain de 15% en chauffage dans le premier cas contre moins de 7% dans le second cas. Ces études menées sur l’ensemble des points constructifs et des systèmes nous permet de hiérarchiser les priorités : isolation de l’enveloppe, ventilation, menuiserie, puits climatique…

La structure murs et toitures

Pour les murs et les toitures, les réalisations sont simples et composées de montants standard 220mm x 45mm. Cette composition permet le transfert de la valeur d’eau sur la base du 1 pour 5 (perspicace). En règle générale, nous préconisons une isolation en ouate de cellulose (sans sel de bord) accompagnée d’une fibre extérieure pour éviter un pont thermique.
Concernant la toiture-terrasse, les normes de classement au feu des ERP (établissement recevant du public) rendent l’utilisation de la ouate complexe. Dans ce cas, la mise en place d’une épaisseur de mousse PU de 150 mm extérieure au pare-vapeur combiné à une laine de roche 75 mm sous le pare-vapeur est une solution possible.
– Résistance thermique des murs : 6,24 (une résistance thermique classique oscille entre 2,5 et 4 m².K/W.)
– Résistance thermique de la toiture : 8,68 ( une résistance thermique classique oscille entre 4,5 et 8 m².K/W.)

La gestion des ponts thermiques

Lorsque le niveau d’isolation d’une enveloppe est élevé, la présence de ponts thermiques (points faibles de l’enveloppe) présente le double risque d’une perte de performance et de dégradations possibles par condensation. Ces points faibles sont généralement présents dans les zones de liaisons : murs/toiture, murs/fenêtre, dalle/murs… Si la conception est importante, la mise en œuvre l’est tout autant. La préparation et le suivi sur le chantier sont donc des phases à ne pas négliger (voir paragraphe sur la qualité de mise en œuvre).

L’étanchéité à l’air

A l’image des ponts thermiques, la gestion de l’étanchéité à l’air revêt une grande importance. La qualité du travail de l’entreprise est alors primordiale. Des fuites peuvent apparaître aux points de liaison ou dans les angles des ossatures. Assurée par le charpentier, cette étanchéité doit être maintenue en place et non endommagée par les corps d’état du second œuvre, notamment plombier et électricien. Forts de notre expérience, nous utilisons un OSB intérieur très résistant aux possibles « dérapages de chantier ». Afin de responsabiliser les entreprises et d’apporter aux maîtres d’ouvrage une garantie sur la qualité de nos réalisations, nous faisons systématiquement, et ce depuis plusieurs années, les tests d’étanchéité à l’air demandés par la RT 2012.

Les protections solaires

Si la sur-isolation assure le confort d’hiver, les nouveaux enjeux des bâtiments climatiques résident en leur adaptation dans les périodes de mi-saison et d’été, notamment en cas de canicule. Deux cas sont importants à traiter :
– Le confort d’été: En période de forte chaleur, aucune entrée directe du soleil ne doit être possible puisque le bâtiment n’en a pas besoin. Dans ce cas, des brises soleil fixes garantissent une protection constante sans intervention des occupants. Leur conception est pensée suivant l’orientation des façades et les angles d’entrée du soleil.
-Le confort de printemps – automne : Ici la situation est plus complexe et les besoins peuvent être très différents. Il est donc possible d’avoir un jour besoin d’un apport de soleil, et le lendemain de devoir s’en protéger en fonction des températures extérieures. Il faut dans ce cas combiner des brises soleil fixes à des brises soleil orientables que l’utilisateur pourra régler à sa convenance. Ils permettront également d’apporter une confidentialité intérieure en cas de besoin.

L’inertie thermique

L’un des points faibles de la construction bois réside en sa faible capacité d’inertie thermique. Pour remédier à cela, selon les cas, nous mettons en œuvre des murs intérieurs en maçonnerie à forte inertie avec finition enduite (murs béton banché ou parpaing). Associé au dallage du sol, ces murs permettent le stockage de la chaleur d’été et son évacuation nocturne par sur-ventilation. En hiver, les mêmes propriétés de stockage apportent une stabilité des températures intérieures et une diminution des consommations de chauffage.

Qualité de mise en oeuvre

Une conception soignée doit s’accompagner d’une bonne mise en œuvre. Dans cette optique, nous axons notre démarche sur deux points :
Valorisation du travail : Outre les aspects techniques de mise en œuvre, nous insistons sur le rôle important de l’entreprise et de l’individu dans la réussite du projet. La valorisation du travail sur chantier est un des moyens d’augmenter la qualité des réalisations.
Contrôle : un bâtiment basse consommation demande une obligation de résultat et doit être contrôlé. Nous spécifions cette obligation, avec le niveau à atteindre, dans les cctp (cahier des clauses techniques particulières), documents contractuels. L’entreprise s’engage à un résultat concret et non plus théorique. En plus de ces tests d’étanchéité à l’air, un passage à la caméra thermique peut compléter ce contrôle.

La récupération des eaux de pluie

La gestion de l’eau est un des enjeux importants des années à venir. Le coût peu important (à l’échelle d’un projet) d’une installation simple de récupération d’eau pour les wc et l’arrosage, permet sa réalisation dans un grand nombre de cas. Cela représente également un pas de plus vers l’autonomie globale des bâtiments.

L’information des utilisateurs

Bien pensé et bien réalisé, un bâtiment doit également être bien utilisé. Des études menées en Autriche et en Allemagne montrent qu’un même bâtiment peut avoir des consommations globales allant de 1 à 4, en fonction de ses occupants. Une information simple auprès des personnes intéressées sur son mode de réalisation et son fonctionnement permet de faire la passation du chantier. Là encore, la valorisation de la démarche des occupants et de leurs comportements est une des meilleur garantie de réussite.

Double ou triple vitrage

Durant les études, cette question se pose souvent avec en arrière-plan le coût financier. L’étude fine du projet avec le thermicien permet de trouver un équilibre entre par exemple triple vitrage nord et double au sud, ou triple vitrage en menuiseries fixes (moins onéreuses) et double vitrage en menuiseries ouvrantes.