Rémi, tu as fais construire la maison que l’on voit derrière nous. Est-ce que tu peux nous expliquer tes choix pour une maison en bois ?

C’est une idée que l’on avait depuis longtemps de faire une maison en bois, parce ce que le bois fait partie de notre environnement. Nous savions que cela commençait à se faire de façon sérieuse, un petit peu plus pointue, avec des techniques qui étaient maîtrisées. Donc cela devait être le bon moment.

Tu l’habites depuis un an, tu peux nous expliquer un petit peu comment tu vis la maison, l’hiver, l’été, ses avantages, ses inconvénients ?

Ce qui fonctionne très bien, c’est qu’on a besoin de très peu chauffer au final. On a compté, on va dire… moins de deux stères alors qu’on a eu un hiver assez rude. Moins de deux stères, j’ai compté les bûches… 300 bûches, 350. Moins de 400 bûches tout compris sur l’hiver, donc une très faible consommation, presque rien en consommation de chauffage. Et puis c’est une chaleur qui est gérable même si le bois bûche fait monter la température assez rapidement. Avec l’habitude, un petit peu de prudence, ça se fait bien, ça fonctionne bien. Après en été, ça peut être trop chaud alors on a dû ajouter des bricoles pour réduire un petit peu (la température) : des volets sur l’ouest, on essaie de mettre des plantes au-dessus des ouvrants sud pour couvrir un peu plus, on met des parasols parce que l’été dernier c’est quand même monté pas mal (la température). Mais bon, on n’a rien sans rien. Et puis on ouvre et ça va…

Alors ce qu’il y a d’intéressant dans ce que tu nous dis, c’est que tu vis avec ta maison. Tu es obligé de la réfléchir, de regarder comment elle fonctionne pour en avoir la meilleure utilisation possible. Tu l’analyse comment tout ça ?

Oui, ça s’apprend. C’est vrai qu’on sent qu’on a la main dessus. On sent qu’on peut la maîtriser… qu’on peut la gérer. Réduire les apports solaires, c’est faisable. Le chauffage au bois c’est pareil, ça se gère, mais de façon simple. Ce ne sont pas des gros trucs techniques, des grosses machines de régulation comme on peut en faire, c’est juste apprendre à gérer le quotidien… et à pas mettre en route une climatisation… De toutes façons, c’était hors de question la climatisation au départ ! C’est vrai que par contre faire rentrer de l’air frais en été, c’est quand même important, et l’été dernier on ne pouvait pas trop parce qu’on avait le tout petit, et un âne qui gueulait dehors et ça ne marchait pas ! (rires)

Tu as fais beaucoup de choses toi-même à l’intérieur de la maison, c’est-à-dire que tu as fait une bonne partie en auto-construction. Tu peux nous expliquer un petit peu ce que tu as fait, comment cela s’est passé ?

Ce que j’ai fait c’est la partie isolation, pas étanchéité, mais isolation : pose de la laine de bois, ce qui a permis en fait d’avoir de la laine de bois à la place de la ouate de cellulose. En termes de coût, ça revenait à ça la part d’auto-construction. J’ai fait la pose de l’isolant de sol aussi, ça été un petit peu compliqué, un petit peu rude c’est vrai, mais bon, au moins on sait que c’est bien fait. Après partie plomberie, j’ai fait moi avec quand même des bêtises. Pas très grave, mais bon c’était un peu compliqué de ne pas se planter par-ci par-là… Qu’est-ce que j’ai fait d’autre ? Après c’est plus de la finition, et puis ici les placo. Il y a toute une partie que j’ai faite moi-même aussi. La main d’œuvre permettait de mettre de meilleurs matériaux. Finalement, l’auto-construction a permis d’avoir des meilleurs matériaux. Ça a permis aussi de financer un assainissement de meilleure qualité et aussi on se retrouve avec un peu moins cher que ce qui était prévu au départ avec beaucoup moins d’auto-construction mais quelques bonus comme ça, fermacelle (plaque cloison type placo), la laine de bois, l’assainissement, des choses comme ça…

Il y a un quelque chose dont tu m’as parlé à propos de ton auto-construction, c’est le travail sur la terre que tu as trouvé sur le chantier pour faire les enduits sur les murs. J’aimerais bien que tu nous en parles rapidement.

C’était le mur parpaing qu’il fallait couvrir et puis je savais qu’en termes de résultat thermique la terre était intéressante parce que ça rend bien la chaleur, ça régule l’humidité, etc. Du coup, j’ai fait des expérimentations avec la terre du jardin, la terre minérale que j’ai tamisé et puis finalement je l’ai mise comme ça sur le mur et ça fonctionne pas trop mal. C’est un peu plus compliqué que ça mais ça reste vraiment de la terre du jardin, simplement la terre du jardin.

Dernière question sur ta maison. Après tout ce que tu viens de nous dire, si tu avais des choses à revoir par rapport à ce que tu imaginais au départ, et ce que tu as fais en auto-construction, ce serait lesquelles ?

L’isolant de sol c’était rude et pas à ma portée. En plus j’ai eu des problèmes techniques, c’était pas génial. En même temps c’était aussi lié… On a voulu prendre des artisans qu’on connaissait et finalement on serait passé par des artisans avec qui tu travailles, je pense qu’on aurait eu moins de soucis. Mais bon ça fait partie du choix de l’auto-construction, de voir aussi avec des connaissances, etc. Mais ça, c’était un petit peu pénible et l’artisan ne nous a pas trop aidé là-dessus. Après, globalement ce serait la hauteur du sol qui est un petit peu trop haute en fait, le jour où on souhaite mettre du carrelage, on risque d’être embêté. Ça, c’est un truc qu’on a raté. Et puis le sol, le béton ciré tel qu’il est là, bon il a des côtés sympa, des côtés un petit peu moins bien. Qu’est ce que ça pourrait être d’autres… Sinon après ce serait mettre un petit peu plus de surface, mais bon quand on fait le crédit, on ne savait pas trop. On aurait pu faire un petit peu plus grand…